Vous me voyez au fond de mon bureau, presque dissimulée au milieu de mes livres. Oui, c'est mon bureau et il y a là tout ce que vous devez savoir. Je vous le fais visiter. Au premier plan ma table sur laquelle, il n'y a plus un centimètre de libre. Un cahier ouvert avec un stylo, c'est à peu près le seul endroit où l'on puisse écrire. De part et d'autre des piles de dossiers et mon journal, ce grand cahier dont vous ne voyez pas qu'il est bleu et sur lequel je consigne tous les jours le temps qui passe, mes écrits, mes projets, mes esquisses de scénarios, mon mal de vivre ou mes joies. Il balise le temps, le piétinement de certains projets, la réalisation des articles ou des livres, mes voyages aussi. Ils sont nombreux. Mais je reviens tout le temps m'enfermer dans ce bureau. Vous voyez aussi émerger des agendas. Très importants les agendas. Je photocopie leur pages hebdomadaires ou quotidiennes et ma vie se met à s'animer. Vous avez celle des lundi 8 novembre et mardi 9 novembre 1993, me semble-t-il. Je suis à Paris, c'est évident. Je dois téléphoner à la chargée de presse des Presses universitaires de Vincennes pour les épreuves de mon livre Le deuil de l'origine. Une langue en trop, la langue en moins . J'ai aussi rendez-vous avec deux écrivains: Henry Raczymow et Jerôme Charyn que je dois interviewer sur leur identité juive. Je vois que j'ai rendez-vous avec ma fille, avec des amis, avec ma psychanalyste, mon libraire et que j'ai une place pour voir un spectacle de chansons yiddish dans un cabaret de la rive gauche. Tout ceci en deux jours. Pas mal!

A gauche de l'image, perpendiculaire à la première table, une autre supportant l'ordinateur, genre IBM. Je ne suis pas très dans le vent. Ce n'est qu'un 486, avec un tout petit modem avec un CD-rom qui ne marche pas. Mais, tel qu'il est, je ne saurais m'en passer. A gauche de l'ordinateur, le téléphone et la boite du répondeur, puis, plus loin, sur un petit meuble, l'imprimante. Le long des étagères, en grand désordre, des bibelots parfois insignifiants, parfois pas. Vous pouvez voir un masque vénitien, une poupée mexicaine, vous ne pouvez pas deviner le morceau du mur de Berlin, etc etc. A droite, la photo ne permet pas de voir l'ensemble des étagères dévolues aux auteurs d'Europe centrale: Kafka, tout Kafka, W. Benjamin, S. Freud, P. Celan et tout ce qui concerne l'identité juive et l'autobiographie.

Je regarde par la fenêtre, juste en face. Elle donne sur une petite rue d'Outremont et de grands arbres. L'été et l'automne c'est divin. Mon bureau, c'est mon habitacle, mon repli, mon refuge, l'endroit où je me récupère, où je me ramasse quand les coups sont trop durs, quand la solitude devient insupportable, quand j'ai besoin de me recueillir ou de réfléchir, quand je rédige, lis, prends des notes, c'est-à-dire pour le plus clair de mon existence, une vie dans les livres, dans l'écriture, dans la recherche et dans l'imaginaire. Mais rassurez-vous, j'ai un compagnon, mon époux depuis bientôt vingt ans et une fille de 33 ans qui vit à Paris et qui vient de mettre au monde une petite Rebecca. Je vois du monde tout de même, je donne mes cours à l'Université du Québec à Montréal et je voyage beaucoup tant pour mon travail que pour le plaisir. J'ai aussi une passion pour les journaux et les magazines. Je vais presque tous les jours voir le et la libraire d'Outremont chercher Le Monde et Liberation, parfois l'Observateur et quelques revues concernant les ordinateurs et l'Internet: Branchez-vous, Wired, Planet-Internet etc. Je vais souvent les lire dans les bistrots du quartier, que ce soit des restaurants ou des troquets. J'y passe beaucoup de temps à envoyer aux amis et connaissances des cartes postales ramenées de lointains voyages et que je n'ai pas envoyées faute de temps, de difficulté à trouver l'endroit où on achetait des timbres, ou oubli de mon carnet d'adresses tout simplement. J'aime aussi passer du temps sur l'Internet, comme en témoignent mes signets .

Vous voyez bien que dans ce fouillis que je suis la seule à maîtriser, et encore, il est très difficile de s'y retrouver? Ce site vous permettra peut-être de visiter la caverne d'Ali-Baba, de vous orienter dans le labyrinthe de mes oeuvres complètes, de mes scénarios, voire de mes journaux ou de mes biographèmes.

Cette page se divise en deux avenues; l'une d'entre elles, la branche universitaire, vous permettra de prendre connaissance de mon curriculum vitae de professeur d'université, de mes champs de recherche, de l'ensemble de mes publications et parfois même, du texte de certains de mes articles ou de chapitres de livres. Il y aura aussi une chronique concernant l'air du temps, la vie politique d'ici et d'ailleurs, mes lectures...

Une seconde avenue, Rivka A., vous donnera accès à une expérimentation autobiographique éclatée sur le web.

A vos liens!